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La maladie expliquée  

Cholestérol : votre feuille d’analyse à la loupe

L’excès de cholestérol représente l’un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire. Mais, attention, il y a cholestérol et cholestérol. Apprenez à lire votre feuille de résultats.

Paru le 18/08/2006 - Créé le 01/08/2006


Santea.com

L’examen en pratique

Le bilan lipidique doit être effectué après 12 heures de jeûne, ce qui explique pourquoi on vous demandera de vous présenter le matin au laboratoire d’analyse sans avoir pris de petit déjeuner. Les résultats doivent, dans tous les cas, être interprétés en fonction de vos facteurs de risque cardiovasculaire associés (tabagisme, hypertension artérielle, diabète, obésité, antécédents familiaux ou personnels de maladie cardiaque...). La Fédération Française de Cardiologie plaide pour une meilleure surveillance de son propre taux de cholestérol à partir de 25 ans.

Tableau 1.1: Le bilan lipide

Bilan lipidique

Valeurs normales

LDL – Cholestérol (mauvais cholestérol)

< 1,6 g/l

HDL – Cholestérol (bon cholestérol)

> 0,40 g/l

Triglycérides

< 1,5 g/l

Le cholestérol total

Les dernières recommandations (1) ne tiennent plus compte du taux de cholestérol total. Même si son dosage reste pratiqué et sa valeur indiquée par le laboratoire. Il n’est en effet que la somme du LDL et du HDL, dont ce sont les valeurs respectives qui sont importantes.

Le HDL-cholestérol ou "bon cholestérol"

Il s’agit d’une lipoprotéine de haute densité (HDL ou “high density lipoprotein”), qui a pour fonction de transporter l’excédent de cholestérol dans le sang vers le foie et qui participe ainsi à l’élimination de cette graisse par l’organisme. Cette variable représente le “bon” cholestérol, celui pour lequel il est préférable d’obtenir des valeurs fortes. Plus le taux sanguin de HDL-cholestérol est élevé, plus le risque d’athérosclérose est faible.

Le HDL-cholestérol est en général mesuré par méthode de précipitation.

On considère habituellement que sa concentration doit dépasser au minimum 0,4g/l ou 1 mmol/l. Les valeurs observées sont, en règle générale, plus importantes chez les femmes.

Une valeur de HDL-cholestérol > 0,60 g/l (1,5 mmol/l) est considérée comme un facteur protecteur. Elle permet de soustraire "un risque" au score de niveau de risque

Le LDL-cholestérol ou "mauvais cholestérol"

Il s’agit d’une lipoprotéine de basse densité (LDL ou “low density lipoprotein”), qui transporte le cholestérol provenant des aliments vers les tissus. Il représente le “mauvais” cholestérol et il est bon d’avoir de faibles taux de LDL-cholestérol. La probabilité d’athérosclérose est, en effet, d’autant plus forte que la valeur du LDL-cholestérol est élevée.

Le taux du LDL-cholestérol est, en général, calculé à partir des triglycérides (TG), une autre variable lipidique, du HDL-cholestérol et du cholestérol total selon la formule de Friedewald (*).

On peut aussi mesurer le taux de LDL-cholestérol par technique d’ultracentrifugation, mais ce dosage n’est pas effectué en routine.

En cas de LDL-cholestérol > 1,6 g/l, la prise en charge et les objectifs thérapeutiques dépendent des facteurs de risque associés.

La première mesure consiste à modifier son mode de vie et son alimentation.

Pour la mise en route d’un traitement médicamenteux, la prise en compte simultanée des taux de LDL-cholestérol, de triglycérides et de HDL-cholestérol ainsi que du nombre de facteurs de risque est nécessaire.

Plus il y a de facteurs de risque, plus les valeurs à atteindre seront basses :

  • en l’absence de facteur de risque, les concentrations de LDL-cholestérol doivent être inférieures à 2,20 g/l (5,7 mmol/l) ;

  • en présence d’un facteur de risque, elles doivent être inférieures à 1,90 g/l (4,9 mmol/l) ;

  • en présence de deux facteurs de risque, à 1,60 g/l (4,1 mmol/l) ;

  • en présence de plus de deux facteurs de risque, les concentrations de LDL-cholestérol doivent être inférieures à 1,30 g/l (3,4 mmol/l) ;

  • en présence d’antécédents de maladie cardiovasculaire avérée ou de risques équivalents, elles doivent être inférieures à 1 g/l (2,6 mmol/l) (1).

(*) Cette formule mathématique est utilisée à la condition cependant, que le taux de triglycérides demeure inférieur à 4 g/l ou 4,6 mmol/l :
LDL-C (g/l) = CT (g/l) - TG/5 (g/l) - HDL-C (g/l) ou LDL-C (mmol/l) = CT (mmol/l) - TG/2,2 (mmol/l) - HDL-C (mmol/l)

Les autres variables du bilan lipidique


Le bilan lipidique tiendra compte aussi d’autres paramètres lipidiques comme :

Les triglycérides

Il s’agit d’une autre catégorie de lipides, qui est associée au risque d’athérosclérose, mais de façon moins nette que le cholestérol. Leur concentration sanguine est mesurée par technique enzymatique.

On considère qu’un taux de triglycérides inférieur à 1,5 g/l (1,7 mmol/l) est normal et un taux supérieur à 4 g/l (4,6 mmol/l) pathologique, quel que soit le niveau de cholestérol chez une personne dépourvue de facteur de risque cardiovasculaire.

Entre 1,5 et 4 g/l, la valeur des triglycérides devra être vérifiée par un nouveau bilan lipidique et elle sera interprétée en fonction des valeurs du cholestérol et de ses sous fractions.

Les apolipoprotéines A1 et B

Ces protéines jouent un rôle important dans le métabolisme du cholestérol et exercent des effets antagonistes vis-à-vis de l’athérosclérose. Un taux élevé d’apolipoprotéine A1 exerçant, à l’instar du HDL-cholestérol, un effet protecteur et un taux élevé d’apolipoprotéine B, à l’instar du LDL-cholestérol, une action délétère. Leur dosage n’est pas recommandé en routine, mais est de fait souvent effectué.

La lipoprotéine a [Lp(a)]

Le rôle de ce lipide a été découvert plus récemment. Il représente un facteur de risque indépendant d’athérosclérose. Plus le taux de Lp(a) est élevé, plus le danger d’athérosclérose augmente.

Bibliographie

  1. Prise en charge thérapeutique du patient dyslipidémique, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, actualisation de mars 2005.


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