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Des biopuces magnétiques pour détecter des maladies

En utilisant le principe de la magnétorésistance géante découvert par un Français, des Américains ont conçu un prototype de laboratoire à puce capable de détecter des maladies à l’aide d’une goutte de sang ou d’urine.

Panorama du Médecin, 24 novembre 2008

C’est grâce à la magnétorésistance géante, découvert par Albert Fert (Prix Nobel de Physique 2007), que les fabricants d’ordinateurs ont réussi à augmenter la capacité des disques durs depuis 10 ans. Des chercheurs de l’Université d’Utah ont à leur tour utilisé cette technologie pour concevoir un prototype de laboratoire à puce (de la taille d’un lecteur de carte de crédit) qui devrait permettre de réaliser instantanément des dizaines de dosages biologiques à partir d’une simple goutte de sang ou d’urine déposée sur une carte magnétique. Il serait ainsi possible de détecter des agents infectieux, de rechercher des marqueurs de cancer, de dépister très tôt des maladies (cardiovasculaires, Alzheimer…), mais aussi de faire des dosages courants.
D’autres équipes travaillent sur les biopuces magnétiques, mais les chercheurs américains pensent commencer les essais chez l’homme avant 5 ans.
Source: « Giant magnetoresistance sensors. Internally calibrated readout of scanned magnetic arrays ». Analytical Chemistry, novembre 2008;80(21):7930-39.


Un lien entre durée du sommeil et crise cardiaque chez les hypertendus

Selon des chercheurs japonais, un sommeil de courte durée augmente le risque cardiovasculaire chez les personnes âgées souffrant d’hypertension artérielle.

Panorama du Médecin, 24 novembre 2008

Pour évaluer l’hypothèse selon laquelle la durée du sommeil est associée à l’incidence des maladies cardiovasculaires, des chercheurs de l’Université de Tochigi ont suivi durant 50 mois 1 255 hypertendus, âgés de 70 ans en moyenne. Ils ont noté 99 événements cardiovasculaires (crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux, morts subites d’origine cardiaque) et se sont aperçus que ceux qui dormaient moins de 7,5 heures par nuit avaient un risque cardiovasculaire accru (de 33 %). Ceci indépendamment des autres facteurs de risque, en particulier l’hypertension.
Les chercheurs ont constaté que les participants avaient une pression artérielle plus élevée au réveil, ce qui pourrait favoriser le risque cardiovasculaire. D’où leur conclusion : les médecins devraient, à l’avenir, tenir compte de la durée du sommeil des patients hypertendus pour évaluer leur risque cardiovasculaire.
* « Short sleep duration as an independant predictor of cardiovascular events in Japanese patients with hypertension ». Archives of Internal Medicine, 10/11/08;168(20):2225-31.


Diabète : pour une utilisation d’alarmes hypoglycémiques la nuit

Une étude montre que, la nuit, le délai entre le début d’une hypoglycémie et la survenue d’une crise comitiale, est de 2,25 à 4 heures et prône l’utilisation d’alarmes hypoglycémiques performantes.

Panorama du Médecin, 24 novembre 2008

Les hypoglycémies sévères avec perte de connaissance et coma surviennent fréquemment la nuit. Aussi les diabétiques de type 1 attendent-ils avec impatience de pouvoir utiliser en routine la mesure continue de la glycémie avec des alarmes signalant les épisodes d’hypoglycémie. Mais les systèmes actuels, basés sur la mesure sous-cutanée, accusent un retard de 5 à 18 minutes par rapport aux mesures glycémiques directes dans le sang.
Des diabétologues ont donc cherché à savoir combien de temps s’écoulait entre le début d’une hypoglycémie et la survenue d’un événement grave. Réponse : entre 2,25 et 4 heures. Même avec un retard maximum de 18 minutes, les capteurs de glucose sous-cutanés enregistrant en continu la glycémie ont donc le temps de déclencher une alarme. Les auteurs souhaitent toutefois une amélioration de ces alarmes hypoglycémiques car certains patients ne sont pas réveillés par les systèmes actuels.
* « Duration of nocturnal hypoglycemia before seizures ». Diabetes Care, novembre 2008;31(11):2110-12.


La viande rouge augmenterait le risque de cancer

Des chercheurs américains semblent avoir mis en évidence un nouveau mécanisme par lequel la consommation de viande rouge stimulerait la progression des tumeurs cancéreuses.

Panorama du Médecin, 24 novembre 2008

Les travaux d’une équipe de l’Université de Californie (San Diego) suggèrent que l’inflammation provoquée par une molécule – l’acide N-glycolylneuraminique (Neu5Gc) – introduite dans l’organisme par l’absorption de viandes rouges et de produits laitiers, favorise la croissance des tumeurs cancéreuses. Le corps développe en effet des anticorps anti-Neu5Gc qui conduiraient à une inflammation chronique. Or il est aujourd’hui admis que l’inflammation peut stimuler le cancer.
Les chercheurs ont ensuite confirmé leur hypothèse sur l’animal : chez les souris porteuses d’inflammation induite par les anticorps anti-Neu5Gc, les tumeurs se sont développées plus rapidement que chez les souris témoins. Ils ont ensuite traité les souris par des anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont on sait qu’ils peuvent réduire le risque de cancer. Résultat : ce traitement a bloqué l’effet des anticorps anti-Neur5G et la taille des tumeurs a diminué.
Source: « Evidence for a human-specific mechanism for diet and antibody-mediated inflammation in carcinoma ». Le 18/11/08 sur le site des PNAS.


Le saturnisme est mieux dépisté en France

Une étude de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) indique d’une part que le dépistage du saturnisme a progressé, d’autre part que le pourcentage d’enfants touchés a baissé depuis 1995.

Panorama du Médecin, 24 novembre 2008

En 2005, plus de 9 000 enfants ont effectué un premier test de plombémie, soit trois fois plus qu’en 1995. Le dépistage du saturnisme - intoxication au plomb qui, selon son importance, provoque des troubles réversibles (anémie, troubles digestifs…) ou irréversibles (atteinte du système nerveux, encéphalopathie…) - a donc progressé.
Autre constat : en 10 ans, la proportion de cas de saturnisme parmi les enfants dépistés a baissé, passant de 24 % en 1995 à 4,7 % en 2005. Cette diminution pourrait s’expliquer par la suppression de l’essence plombée, la diminution des concentrations en plomb dans l’alimentation et le traitement des eaux usées de distribution.
La découverte d’environ 500 cas de saturnisme chaque année indique cependant qu’il persiste « des situations de surexposition de l’enfant qui doivent être repérées afin d’agir sur les conditions de vie », soulignent les auteurs. La présence de peinture au plomb dans le logement familial reste en effet un facteur de risque prépondérant.
* Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°44 du 18/11/08.